mardi 25 août 2015

Michèle Torr chante sa famille


Au moment où Michèle Torr prépare son spectacle Intimiste pour le Trianon le dimanche 18 octobre 2015, et alors qu’elle a clamé :
« J’ai chanté ma famille »,
Je ne veux chanter que l’amour, 2014,
l’idée est venue de nous immiscer encore une fois dans son répertoire pour y entendre ce que, tout au long de sa carrière, elle nous a fait comme confidences sur sa famille, et tout ce qu’elle nous a dit à ce sujet.


Elle, qui a prôné dans les années 80 la famille comme valeur suprême, dont on sait que le manque peut amener à des naufrages :
« Regarde-les
Ces  chiens sans laisse
Ces sans domicile sans famille… »,
Regarde-les, 1997,
elle nous a en effet parlé de la sienne au fil de ses chansons: de ses parents, de ses maris, de ses enfants, de ses petits-enfants, bien plus encore que de la famille en général. Parlant de cela, elle a parlé en même temps de l’enfance, des hommes, des femmes, de l’amour… De ses amours.  Nous laissant ainsi entrer dans son intimité.


Aujourd’hui elle déclare :
 « Ils disent connaître ma vie mes pensées mon enfance »,
Qu’est-ce qu’ils disent ? 2014.
Comme si, dans ses chansons, elle avait pu ne rien révéler d’elle-même. Mais c’est impossible. Sinon, elle n’aurait fait que tricher.
En effet, nous ne connaissons pas sa vie.
Alors, nous ne partirons pas dans des délires, mais, sans être dupe -la chanteuse est parfois une actrice qui crée un personnage qu’elle fait parler par sa voix, et Michèle Torr, c’est plus l’artiste que la femme qui se cache derrière- nous nous contenterons d’encore écouter ses chansons. Et l’on se rendra compte que, tout en parlant d’elle,  elle nous offre un répertoire plus riche qu’on ne le croit parfois. Intimiste.

Michèle Torr chante son père


En 1971, elle chante :
« …C’était un petit homme
Tout habillé de fleurs
Il a quitté ce monde
Sans bruit un soir d’hiver
Son nom qui s’en souvient ?
Moi je l’appelais Père… »,
C’était un petit homme, 1971.
Hommage à un homme ordinaire, hommage à un père parmi tant d’autres que la vie a laissé sombrer dans la médiocrité, ce qui n’enlève rien à son humanité, et qui vient de décéder. Mais ce n’est pas vraiment de son père qu’elle parle là. Le sien décèdera bien plus tard, en 2002.
En 1997, elle chante :
 « Je suis … »,
La fille du soleil. Mais ce n’est pas de son père qu’elle parle ici non plus !
Et en 2011 :
Notre Père.

Puis :
 « Juste une prière avant d'obéir
A l'ordre des choses et de nos pères
Avant de partir…
Conduis nos enfants pour la fin des temps »,
La mémoire d’Abraham, 2012.
En 1993, se mettant à la place de Fanny, l’héroïne de Pagnol, c’est de son beau-père César qu’elle parle, le père de son fiancé Marius:
« Ton père va et vient il est comme d’habitude
Il bougonne à son bar il me trouve bien pâle
Ton prénom est présent dans nos deux solitudes
Et chacun de nous deux sent bien que l’autre a mal »,
Fanny sur le port, 1993.


C’est en 1983 qu’elle évoque sans le nommer Charles Tort, son père, dans une chanson qui deviendra un tube alors qu’elle n’était que la face B du 45 tours Adieu sorti en octobre. Mais la chanteuse s’est rapidement lassée de cette chanson, et a choisi de chanter les deux titres dans un Cadence 3 que Guy Lux lui consacrait « Cet homme du midi de la France. Le public a fait son choix en plébiscitant …A mon père. Depuis, à part dans les quelques concerts consacrés exclusivement à Piaf au printemps 2004, il ne doit pas y en avoir beaucoup au cours desquels elle n’ait pas interprété cette chanson. « La chanteuse au père » a dit un jour Jacques Martin pour parler d’elle sans la nommer au sujet de la Sonate au clair de lune de Beethoven…
« Ce baladin de la Provence
Ce facteur du courrier du cœur
Qui a toujours fait mon bonheur
Il chante avec la même voix
Des souvenirs qui sont en moi
Mon père, oh oh oh mon père
Mon père, oh oh oh mon père
Papa je t'appelle Papa
Mon père quand je pense à toi
Il m'a récité les paroles
De tous les héros de Pagnol
Il se lève avant le soleil
Il croit en Dieu il croit au Ciel
Il est toujours auprès de moi
Des jonquilles au dernier lilas
Mon père…
Tu m'avais dit ne t'en va pas
Mais je suis partie loin de toi
Et de musique en music-hall
Je t'ai gardé le premier rôle
Mon père…
Pour lui je reste son enfant
La mère de ses petits-enfants
Il m'appelle Méditerranée
Depuis le jour où je suis née
Il a toujours été le même
C'est si peu dire combien je l'aime
Mon père… »,
A mon père, 1983.

A la semaine prochaine...

©ED & GD




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