Deux ans plus tard, en février 1995, paraît le second album de la seconde période de Michèle Torr chez AZ. A nos beaux jours. Mais si rien n’a cette fois changé en ce qui concerne sa maison de disques (ça ne va pas durer), sa vie a été à nouveau bouleversée puisque, pour son second mariage, la chanteuse épouse… un certain Jean-Pierre Murzilli.
tandis qu’ «un nouveau bonheur illumine sa vie ».
, 1995.
« Ensemble nous revivrons
Paradis et enfer »,
Dans le blues de l’amour, 1997.
En 1997, la vie de Michèle Torr se trouve à nouveau bouleversée. Non seulement, sous l’impulsion de son mari homme d’affaires, elle a décidé de se produire elle-même et a créé MT productions qui ont permis à un disque Le meilleur de Michèle Torr en public et un spectacle à l’Olympia en 1996 de voir le jour, mais en plus elle a repris la plume pour coécrire (avec Daniel Mecca ou Christian Arcady, qui avait signé le déchirant Ne m’oublie pas en 1991) six des douze chansons de son nouvel album Seule paru en novembre 1997, et enfin, elle annonce, après à peine un peu plus de deux ans de mariage, son divorce :
« Je suis une femme seule
Tant aimée mais si seule
Rien de ce qu’on écrit
Ne ressemble à ma vie… »,
Seule, 1997.
Il est certain que démêler le faux du vrai dans ce que l’on a permis à la presse de divulguer, pour des questions d’image, des questions de visibilité médiatique ou bien des questions personnelles, entre « look, fausse pudeur, indécence » (Les femmes dansent, 1991), c’est difficile. Et même, les auteurs le disent bien, ce n’est pas forcément leur histoire qu’ils racontent dans leurs écrits, que ce soient des romans, des poèmes ou des chansons, quand bien même ils emploient la première personne du singulier…
« Parfum d’amour et de scandale
Je suis si fatiguée
De sourire quand j’ai mal
Mensonge ou vérité ? »
Seule, 1997.
Alors - Tes silences, Tes larmes ou Harmonie, Tant je t’aime ? Allez savoir.
« Quelques papiers d’identité
Mon numéro de sécurité
Deux trois adresses griffonnées
De gens qui m’ont laissée tomber
Un départ de chanson raté
Un numéro de téléphone
Où ne répondra plus personne
Du noir et du bleu pour les yeux
Quatre comprimés d’aspirine
Un mouchoir en tissu de Chine
Deux timbres poste et un billet
Dix francs quatre-vingts de monnaie
Un vieux ticket pour le Zénith
Un carton de Trivial Poursuite
Tout ce qui reste d’une vie
Dans un sac en plastique verni
Tout ce qui restera de moi
Si tu t’en vas si tu ne m’aimes pas… »,
Et la suite de la liste dans le deuxième couplet,
Le sac, 1997.
Triste constat, qui donne envie d’aller voir ailleurs si la vie est plus belle.
«La vie tango
C’est une autre vie
Couleur de la nostalgie
La vie tango
La façon de vivre d’un pays
Couleur d’une musique
Ardente et dramatique »,
La vie tango, 1997.
Qui donne envie de changer la déco.
« Une histoire d’amour
Pour repeindre en bleu le gris
L’ennui
Ma vie »,
Une histoire d’amour, 1997.
Autre triste constat :
« Ils n’ont pas su donner la vie
A tous ces sentiments qu’ils ne comprenaient pas
Ils ont grandi et ils ont vieilli
Mais ils sont restés petits
Dans le cœur
Alors je chante
Pour tous ceux qui n’ont pas eu le temps
De donner quelque chose à quelqu’un
Pour tous ceux qui n’ont pas pu donner
Tout l’amour qu’ils emportent avec eux… »,
Alors je chante, 1997.
Donner, c’est souvent bien plus difficile qu’on ne veut bien le dire.
Et le disque de chansons originales suivant, Donner, annoncé dès 1999 pour le début de l’année 2000, ne paraîtra qu’en 2002.
C’était il y a… vingt ans.
Seule est (donc) un disque triste certes, mais beau, car c’est souvent la tristesse qui fait naître les plus beaux textes, tels les « purs sanglots » chers à Verlaine.
C’est aussi l’occasion d’ouvrir une parenthèse pour évoquer une grande dame -brune- de la chanson, qui nous a quittés il y a vingt ans, le 24 novembre 1997.
A l’heure où paraissait Seule, de Michèle Torr.
Car Seule, c’est aussi un album de Barbara, paru aussi à l’aube de sa cinquantaine (celui de Michèle Torr est sorti quelques mois après qu’elle-même eut fêté ses cinquante printemps).
« Comme jour,
Comme nuit,
Comme jour après nuit,
Comme pluie,
Comme cendre,
Comme froid,
Comme rien,
Comme un ciel déserté,
Une terre sans soleil,
Comme pays perdu
Sans couleur,
Sans clarté,
Sans étoile,
Egarée
Comme épave perdue,
Comme épave perdue,
Comme jour,
Comme nuit,
Comme jour après nuit,
Comme pluie,
Comme cendre,
Comme froid,
Comme rien
Comme épave perdue,
Je me cogne et me brise,
Comme froide,
Comme grise,
Comme rien.
Je suis seule,
Comme froide,
Comme grise,
Comme rien.
Je suis seule... »
La chanson de Barbara est plus sombre, plus sobre, bien plus triste encore que celle de Michèle Torr. A l’image de la pochette. Celle du disque de Michèle Torr est solaire, tandis que celle de l’album de Barbara est en noir et blanc. Et on peut penser que la longue dame brune n’avait pas tant de considération pour toutes les blondinettes apparues dans le sillage des yéyés et que c’est pour cela que Matthieu Almaric fait dire à Jeanne Balibar incarnant Barbara dans le film du même nom :
« Je n’ai pas le talent de Mademoiselle Vartan »,
à propos d’un piano dont celle-ci se serait satisfaite (alors qu’elle n’en joue pas !), pour un concert dans un théâtre, avant des répétitions…
Il n’empêche, la chanteuse de minuit et la fille du soleil ont aussi en commun, en plus de ce titre d’album, d’avoir travaillé avec Rolond Romanelli (c’est l’homme en habit rouge qui s’occupe des claviers de Midnight Blue en Irlande), avec Gérard Daguerre (c’est lui, qui a les yeux très verts, qui l’a accompagnée souvent en studio pour l’enregistrement de ses albums et a écrit la plupart des musiques d’A mi-vie après avoir également accompagné Barbara dans ses dernières tournées), ou encore avec Jean Musy, qui a signé Alors je chante (avec Jean-René Mariani) et qui a arrangé les Amours incestueuses de Barbara dans les années 70.
Sylvie Vartan a repris Mon enfance ; Michèle Torr a repris Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous, en 1998, sur l’album Hommage, Ils chantent Barbara des éditions Atlas. Elle avait projeté da la reprendre encore pour son spectacle à l’Olympia de 2002, celle-là ou une autre, et puis elle ne l’a pas fait…
« Du plus loin, que me revienne,
L´ombre de mes amours anciennes,
Du plus loin, du premier rendez-vous,
Du temps des premières peines,
Lors, j´avais quinze ans, à peine,
Cœur tout blanc, et griffes aux genoux,
Que ce furent, j´étais précoce,
De tendres amours de gosse,
Ou les morsures d´un amour fou,
Du plus loin qu´il m´en souvienne,
Si depuis, j´ai dit "je t´aime",
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,
C´est vrai, je ne fus pas sage,
Et j´ai tourné bien des pages,
Sans les lire, blanches, et puis rien dessus,
C´est vrai, je ne fus pas sage,
Et mes guerriers de passage,
A peine vus, déjà disparus,
Mais à travers leur visage,
C´était déjà votre image,
C´était vous déjà et le cœur nu,
Je refaisais mes bagages,
Et poursuivais mon mirage,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,
Sur la longue route,
Qui menait vers vous,
Sur la longue route,
J´allais le cœur fou,
Le vent de décembre,
Me gelait au cou,
Qu´importait décembre,
Si c´était pour vous,
Elle fut longue la route,
Mais je l´ai faite, la route,
Celle-là, qui menait jusqu´à vous,
Et je ne suis pas parjure,
Si ce soir, je vous jure,
Que, pour vous, je l´eus faite à genoux,
Il en eût fallu bien d´autres,
Que quelques mauvais apôtres,
Que l´hiver ou la neige à mon cou,
Pour que je perde patience,
Et j´ai calmé ma violence,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,
Mais tant d'hiver et d'automne
De nuit, de jour, et personne,
Vous n´étiez jamais au rendez-vous,
Et de vous, perdant courage,
Soudain, me prenait la rage,
Mon Dieu, que j´avais besoin de vous,
Que le Diable vous emporte,
D´autres m´ont ouvert leur porte,
Heureuse, je m´en allais loin de vous,
Oui, je vous fus infidèle,
Mais vous revenais quand même,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,
J´ai pleuré mes larmes,
Mais qu´il me fut doux,
Oh, qu´il me fut doux,
Ce premier sourire de vous,
Et pour une larme,
Qui venait de vous,
J´ai pleuré d´amour,
Vous souvenez-vous?
Ce fut, un soir, en septembre,
Vous étiez venus m´attendre,
Ici même, vous en souvenez-vous?
A vous regarder sourire,
A vous aimer, sans rien dire,
C´est là que j´ai compris, tout à coup,
J´avais fini mon voyage,
Et j´ai posé mes bagages,
Vous étiez venus au rendez-vous,
Qu´importe ce qu´on peut en dire,
Je tenais à vous le dire,
Ce soir je vous remercie de vous,
Qu´importe ce qu´on peut en dire,
Je suis venue pour vous dire,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous... »
Pour finir, David Lelait-Hélo, qui a cosigné
Chanter c’est prier, Chante, Quand vint la grâce, Toi qui m’as tant donné ou encore
Ils s’aiment et alors ? pour Michèle Torr, vient de (re?)publier un livre, intitulé
Barbara…A quand un livre sur Michèle Torr ?
Pour le public de Michèle Torr, le vingtième siècle se termine avec la reprise de Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous de Barbara, dans la collection Hommages, Ils chantent…
Ils chantent Charles Aznavour :
« Poussez la toile
Et entrez donc vous installer
Sous les étoiles
Le rideau va se lever
Quand les trois coups retentiront dans la nuit
Ils vont renaître à la vie
Les comédiens »,
Les comédiens, 1998.
Ils chantent Michel Sardou :
« Elle fait parfois souffrir tout le long d’une vie…
Elle chante elle chante
La rivière insolente
Qui unit dans son lit
Les cheveux blonds les cheveux gris …»,
La maladie d’amour, 1998.
Ils chantent Claude François:
«Tout le monde me demande
Si j’ai pleuré
Et si je pleure encore pour toi…
Si je mens un petit peu
Et je dis fièrement
Je n’ai jamais pleuré de ma vie… »,
J’y pense et puis j’oublie, 1999,
non seulement pour les éditions Atlas mais aussi sur le double album Portrait de scène, paru le 8 mars 1999.
« Je sais que cette fois c’est la fin
Je sais que l’on n’y peut plus rien
Je sais mais je ne peux pas croire
Je sais qu’il n’y a plus d’espoir
J’’ai peur si peur seule dans la vie … »,
Je sais, 1999.
Sur ce double CD, Michèle Torr chante encore sa vie d’artiste :
« Sur les routes
Je suis toujours sur les routes
Quand je viens chanter pour vous
C’est vraiment la vie que j’aime
« Sur les routes
Je suis toujours sur les routes
Je suis heureuse quand je vous vois
Réunis là devant moi »,
Sur les routes, 1999,
ainsi qu’un « bout de vie qui babille », car si la vie de Michèle Torr a encore changé en cette fin de siècle, c’est que, non pas grâce à sa fille, mais par son fils Romain, la sémillante quinquagénaire est devenue… grand-mère.
« Tu es si petite
Plus douce qu’un bouton de rose
Et quand ton regard bleu se pose
Sur moi c’est toute ma vie qui change
Tu es comme un ange
Dans ces moments où rien ne va
Quand tu viens te blottir contre moi
J’en oublie toutes mes peines
Tu es le soleil de ma vie
Tu es une île un paradis
Quand je te regarde
Plus besoin de mots
Tu es chanson tu es poème
Tu es le soleil de ma vie
Et chaque fois que tu souris
C’est un peu de moi
Que je retrouve en toi
Ma petite fille que j’aime… »,
Charlotte, 1999.
La chanson
Charlotte viendra seconder :
« Je te dis oui, à tes décors et à ta vie
A tes encore et à tes nuits
A tes images plus ou moins sages
Je te dis oui, à tes voyages et à tes cris
A tes hier à tes prières
A tes colères à ta folie
Je te dis oui, à tes extrêmes,
Je te dis oui à tes « je t'aime »
je te dis oui
A l'infini je te dis oui »
Je te dis oui,
sur un single paru en septembre 1999, le dernier commercialisé,
mais aussi sur la scène du Casino de Paris où seront créées deux chansons demeurées inédites:
« Toi qui m’as donné des heures
Où j’ai vécu tant de bonheurs
Tous les soirs à la même heure
Tu me donnes tant de chaleur
Aujourd’hui tu vois la vie
Nous a donné beaucoup d’amour
Mais quand je suis loin d’ici
Tu es près de moi chaque jour
Ma star à moi, ma star à moi
Ma star à moi c’est toi… »,
Ma star à moi, 1999.
Et :
« Je voudrais dire à tous ces hommes qui se déchirent
Combien de temps combien de jours faut-il encore
Pour voir enfin nos enfants sourire
Car si le monde ne vit plus que par des chansons
Tout changera
C’est l’amour qui aura raison
Nous chanterons encore ce refrain
Juste comme ça pour se faire du bien
Pour ne pas oublier que demain ce sera
Ce sera l’an 2000 »,
L’an 2000, 1999.
Il a failli s’intituler Les clés de ma nouvelle vie,
« Les clés de ma nouvelle vie
N’ouvriront plus ta porte
Elles fermeront mes nuits
Jusqu’à ce que je m’en sorte
Elles fermeront mon cœur
A double tour aussi
Les clés de ma nouvelle vie
Condamneront ma vie
A la peur du silence
Aux larmes et à l’absence
Jusqu’à ce que je t’oublie
Jusqu’à ce que je t’oublie… »,
Les clés de ma nouvelle vie, 2002,
mais comme il y avait déjà eu A mi-vie en 1993, c’est finalement sous le titre Donner qu’il est sorti en avril 2002.
« Quand on est seul avec la nuit
Entre tendresse et nostalgie
On se regarde et l’on se dit
Qu’est-ce que j’ai fait avec ma vie ?
J’ai donné
Mes nuits et mes jours
J’ai donné
A l’amour… »,
J’ai donné, 2002.
L’album était attendu depuis 2000. Il aura donc fallu presque trois ans pour sélectionner puis enregistrer, entre la France et Budapest, cette douzaine de nouvelles chansons. Ne lui reparlez plus d’amour, qui devait sortir en single :
« Après ses grands yeux verts
Difficile d’y voir clair
Pourtant je suis partie
C’était ma vie contre sa vie
M’en a-t-il seulement voulu
S’en est-il au moins aperçu ? »,
Ne lui reparlez plus d’amour, 2002,
avant de se voir préférer Je te dis oui, et Je ne suis qu’une femme ont été créées en 1999 pour le spectacle du Casino de Paris.
Retour gagnant pour Michèle Torr. Plus de 50 000 CD vendus. Prélude à un Olympia qui s’est déroulé du 14 au 17 novembre 2002 puis les 11 et 12 janvier 2003, au cours duquel on a pu entendre aussi :
« Prisonnière consentante du tourbillon de ma vie
Aujourd’hui les enfants ont grandi
Mais pas leur maman…
Même si je dois brûler mes nuits
J’irai chanter jusqu’au bout de ma vie »,
Comme ces pianos, 2002,
« Les lueurs du jour
S’étalent comme un rêve
Un peu de toujours
Que rien n’enlève
Et je vois la vie revivre
Et je crois à tout ce qui délivre
C’est fou comme la vie
Peut nous dérouter
C’est fou comme l’envie
Peut tout rattraper… »,
S’en aller, 2002,
et :
« On les retrouve témoins
Des tournants de nos vies
Associées pour toujours à une mélodie
Elles sont comme les miroirs
Qui reflètent le temps
De nos premiers baisers
Au tout dernier printemps »,
Toutes les chansons ont une histoire, 2002.
Et si, pour ce spectacle la chanson Je n’ai pas fini de t’aimer :
«Je pourrais anéantir
Chacune de nos promesses
Ne garder que le pire
De toutes nos promesses
De cet amour si fort
Qu’il nous semblait plus fort
Que la vie que la mort
Et au-delà encore
Mais… »,
Je n’ai pas fini de t’aimer, 2002,
non seulement Michèle Torr l’a parfois chantée pendant la tournée qui lui a permis de rôder le spectacle de l’Olympia, mais en plus elle a été considérée par le magazine Platine comme la meilleure chanson de l’album. Cet album que beaucoup considèrent comme le meilleur album de Michèle Torr.
Enfin, pour ouvrir ce si beau spectacle de l’Olympia de 2002, une nouvelle chanson a été créée :
« C’est ma première
Les notes caressent les mots
La peur et le désir se mêlent
Le cœur tendu vers vos bravos
C’est le théâtre de ma vie
Mes parents me sourient… »,
C’est ma première, 2002,
tandis que
C’est l’amour venait le clore (à la place de
Chanson inédite) et que Michèle Torr, après cette « renaissance » qui n’a pas manqué de susciter une multitude de compliments, annonçait son projet de fêter ses quarante ans de carrière en chantant Piaf.
Chanter la vie, chanter Piaf, et chanter quarante ans d’amour avec le public…
Chanter l’amour tout court, que l’on soit brune :
« Je me ferais teindre en blonde… »,
ou blonde :
« J’irais dans les eaux profondes
Si tu me le demandais »,
Hymne à l’amour,
avec (presque) les mêmes mots, sur les mêmes notes :
« Ah! Ce qu'on est bien tous les deux
Quand on est ensemble nous deux
Quelle vie on a tous les deux
Quand on s'aime comme nous deux…
Mais pour nous y a pas d'problèmes
Car c'est pour la vie qu'on s'aime
Et si y avait pas de vie, même,
Nous on s'aimerait quand même
Car...
Tu me fais tourner la tête
Mon manège à moi, c'est toi »,
Mon manège à moi, 2003.
«La fille de joie est triste
Au coin de la rue là-bas
Son accordéoniste
Il est parti soldat
Quand y reviendra de la guerre
Ils prendront une maison
Elle sera la caissière
Et lui, sera le patron
Que la vie sera belle
Ils seront de vrais pachas
Et tous les soirs pour elle
Il jouera la java…
La fille de joie est seule
Au coin de la rue là-bas
Les filles qui font la gueule
Les hommes n'en veulent pas
Et tant pis si elle crève
Son homme ne reviendra plus
Adieu tous les beaux rêves
Sa vie, elle est foutue
Pourtant ses jambes tristes
L'emmènent au boui-boui
Où y a un autre artiste
Qui joue toute la nuit… »,
L'accordéoniste, 2003.
« Ecoute-moi, mon ami.
Aimes-tu la liberté ?
Voudrais-tu t'enfuir d'ici ?
Aimerais-tu t'évader ?
Veux-tu revivre à la vie,
Marcher sans chaînes à tes pieds ?
Oh, réponds-moi, mon ami,
Aimerais-tu t'évader ?
Je sais comment... »
Je sais comment, 2003.
Elle a choisi aussi de chanter à nouveau Jezebel, Exodus, comme en 1976, et Hymne à l’amour ou La vie en rose, comme en 1987, qui parlent aussi de la vie… Mais les deux qui vont rester pour longtemps dans ses divers tours de chant, ce sont:
« T'es l'homme qu'il me faut.
T'en fais jamais trop.
Tu es les beaux jours.
Tu es notre amour.
Tu es ma lumière,
Ma vie, ma vie, ma vie,
Ma vie toute entière »,
T'es l'homme qu'il me faut, 2003, surtout, mais aussi:
« Mon Dieu, mon Dieu,
Mon Dieu ! Laissez-le moi
Encore un peu, mon amoureux...
Un jour, deux jours,
Huit jours ! Laissez-le moi
Encore un peu à moi !
Le temps de s'adorer
De se le dire le temps
De s'fabriquer des souvenirs...
Mon Dieu, oh! oui,
Mon Dieu ! Laissez-le moi
Remplir un peu ma vie ! »
Mon Dieu, 2003, qu’elle aime chanter (presque) à cappella) et (presque) sans micro, aussi bien dans les églises que les cabarets ou les théâtres.
L’idée de départ était un spectacle unique, fin 2003 ou début 2004, entièrement consacré à Piaf, et c’était là la bonne idée. Ce sera ensuite cet album, Michèle Torr chante Piaf, c’est l’amour… sorti le 13 octobre 2003, jour du quarantième anniversaire des obsèques de Piaf et de la signature de son premier contrat par Michèle Torr. L’accueil critique réservé à l’album sera chaleureux mais, sur la scène de l’Olympia où elle fête ses quarante ans de carrière en mars 2005, Michèle Torr rend hommage à Piaf en chantant seulement T’es l’homme qu’il me faut, Mon Dieu (a cappella et sans micro), Non, je ne regrette rien, et C’est l’amour…
Elle y chante aussi son nouveau single :
« Je regarde par la fenêtre
Quand la ville se réveille
Dès l’aube je veux voir le soleil
Aux couleurs de l’arc-en-ciel
Je veux voir autant de lumière
Dans ma vie que sur scène
Illuminer vos rêves
Faire disparaître vos peines
Je veux stopper le temps
Qui nous guette chaque instant
Et lui dire au passage non tout simplement
C’est un message pour le temps qui passe
Et qui nous poursuit tout au long de notre vie
C’est un message pour le temps qui passe
Le jour comme la nuit où je frôle l’insomnie de la vie
Tous ces passants
Au regard fuyant
Ne prennent jamais le temps
De rire un instant
Je veux voir autant de lumière
Dans ma vie que sur scène
Redonner un peu de chaleur
A ceux qui ont froid dans leur cœur
Je veux stopper le temps
Qui nous guette chaque instant
Et lui dire au passage non tout simplement
C’est un message pour le temps qui passe
Et qui nous poursuit tout au long de notre vie
C’est un message pour le temps qui passe
Le jour comme la nuit où je frôle l’insomnie
C’est un message pour le temps qui passe
Et qui nous poursuit tout au long de notre vie
C’est un message pour le temps qui passe
Le jour comme la nuit
Le temps marque nos visages
Il raconte notre histoire
A travers lui on devine
La beauté de nos âmes
C’est un message pour le temps qui passe
Et qui nous poursuit tout au long de notre vie
C’est un message pour le temps qui passe
Le jour comme la nuit où je frôle l’insomnie de la vie
Oh le temps qui passe
Oh juste un message… » ;
C’est un message, 2005, et, en bonus sur une nouvelle compilation parue début 2005 :
« Voilà l’histoire d’un homme
Qui se promène dans ma tête
Rien qu’avec son humour il a fait ma conquête
Maintenant qu’il n’est plus là
Je veux dire près de moi
Je tourne en rond dans ma vie
Ma vie tourne sans moi »,
Couleur tendresse, 2005, signée Henri Salvador.
Quand Michelle, qui a repris ses deux ailes et perdu son accent, Torr revient dans les bacs en mars 2008, ce n’est pas avec l’album de reprises de chansons réalistes qu’elle avait eu envie de faire, mais, portée par le succès naissant de la tournée Age Tendre,
« Ils ne se sont jamais dit
Le plus petit mot d'amour
Ils se baladent dans la vie
En copains de toujours »,
Age tendre et tête de bois, 2008,
avec Ces années-là : des chansons inédites,
(Elle y évoque aussi celui qu’elle a rencontré en 1968 et qui garde une place à part dans son cœur :
« Mais c’était un paysage immense tout à côté de moi
De l’amour même dans le silence, du soleil dans ma voix,
Et dans cette indicible danse où finira ma vie
Tu vois cet homme à qui je pense c’est lui ».
C’était toi, 2008.
Elle chante les moments heureux de la vie…
« Encore
Les moments forts
Les corps à corps
Faut les faire vivre encore plus fort
Mieux que les fleurs ça réchauffe le cœur
Encore
Faut protéger l’île au trésor
Prendre en photo multicolore
Les moments bleus
Ceux qui rendent heureux »,
Encore, 2008),
des reprises, un hommage à Claude François et aux années 60 :
«I’m sorry, oui sorry
C’est l’absurde apologie
D’un amour aveugle qui pourrait briser ma vie »,
Sorry Oh ! oui sorry, 2008.
« Trop souvent j'ai découragé
L’amour que tu voulais faire
Et souvent je t'ai refusé
La vie qui semblait te plaire
Pourtant j'y repense et tout ce temps,
Même quand fanaient nos bonheurs
Je te portais dans mon cœur… »
Je te portais dans mon cœur, 2008.
Enfin, elle reprend la chanson de Dalida qu’elle avait chantée au Petit Journal Montparnasse en 2005, où elle était venue présenter son album et son DVD de l’Olympia 2005.
Triste leçon de vie, dont on sent qu’elle la touche, profondément.
« Pour ne pas vivre seul
On vit avec un chien
On vit avec des roses
Ou avec une croix
Pour ne pas vivre seul
On s´fait du cinéma on aime un souvenir
Une ombre, n´importe quoi
Pour ne pas vivre seul
On vit pour le printemps
Et quand le printemps meurt
Pour le prochain printemps
Pour ne pas vivre seul
Je t´aime et je t´attends pour avoir l´illusion
De ne pas vivre seul, de ne pas vivre seul
Pour ne pas vivre seul des filles aiment des filles
Et l´on voit des garçons épouser des garçons
Pour ne pas vivre seul
D´autres font des enfants des enfants qui sont seuls
Comme tous les enfants
Pour ne pas vivre seul
On fait des cathédrales où tous ceux qui sont seuls
S´accrochent à une étoile
Pour ne pas vivre seul
Je t´aime et je t´attends pour avoir l´illusion
De ne pas vivre seul
Pour ne pas vivre seul on se fait des amis
Et on les réunit quand viennent les soirs d´ennui
On vit pour son argent, ses rêves, ses palaces
Mais on n’a jamais fait un cercueil à deux places
Pour ne pas vivre seul
Moi je vis avec toi je suis seule avec toi tu es seul avec moi
Pour ne pas vivre seul
On vit comme ceux qui veulent se donner l´illusion
De ne pas vivre seul ».
Pour ne pas vivre seul, 2008.
Un album un peu hétéroclite qui, entre Donner et C’est l’amour d’une part, et Chanter c’est prier et Diva d’autre part, fait pâle figure…
On préfèrera aux quatorze chansons de ce disque l’une des trois inédites du Best Of 3 CD de 2011 :
« Avant d’être chanteuse on s’est dit tant de fois
Boulevard des ambitieuses j’aurai ma place à moi
Avant d’être chanteuse l’orgueil prenait le pas
Sur la vie amoureuse et puis l’amour s’en va… »
Avant d’être chanteuse, 2011.
Magnifique chanson !
Ou encore au spectacle de l’Olympia 2008 (Ces années-là), celui de 2011 (Avant d’être chanteuse, coup de cœur Fnac mérité !) où elle a repris cette fois Félix Leclerc :
« Mes jours, mes nuits, mes peines,
Mes deuils, mon mal, tout fut oublié
Ma vie de désœuvré,
J'avais le goût de la recommencer…
Or un matin joli
Que j'sifflais ce refrain
Mon bonheur est parti
Sans me donner la main…
J'ai bien pensé mourir
De chagrin et d'ennui
J'avais cessé de rire
C'était toujours la nuit
Il me restait l'oubli
Il me restait l'mépris
Enfin que j'me suis dit:
Il me reste la vie… »,
Le petit bonheur, 2011.
« Chanter c’est aimer, chanter c’est donner, mais c’est surtout prier »…
«Juste une autre vie sauvée de l'oubli
Gravée bien mieux que par une lame
Dans la mémoire d'Abraham… »,
La mémoire d’Abraham, 2012.
« C'est tellement fort
C’est tellement tout l’amour
Puisqu’on l’attend
De vie en vie
Depuis la nuit des temps
Ce sera nous dès demain
Ce sera nous le chemin
Pour que l'amour qu’on saura se donner
Nous donne l'envie d'aimer… »,
L’envie d'aimer, 2012.
« Chante chante viens
Chante dans ma vie viens dans mon cœur
Chante plus fort
Chante plus fort
Chante plus fort
Oh ! viens viens et chante
Chante chante viens
Chante dans ma vie viens dans mon cœur
Chante plus fort
Chante plus fort
Chante plus fort
Oh ! viens viens et chante…
Un ange dix anges entrent dans la danse
Et le ciel me parle je sais c’est fou
La foi l’amour l’espoir oui il m’a tout dit
Non plus de peur dans le je vis ma vie
Pleure dans mes bras et ris avec moi
Viens c’est la joie
Viens là c’est pour toi
Non non ne pars pas reviens je suis là
Je suis ma route je vis ma chance
J’ai la foi et je me lance… »,
Chante, 2012.
« Puisqu'on vit dans la lumière
Même s'il y a des couleurs qu'ils préfèrent
Nous on voudrait leur dire
C'est comme des parfums qu'on respire…
Puisqu'on vit dans les creux d'un rêve
Avant que l'amour ne touche nos lèvres
Nous on voudrait leur dire
Les mots qu'on reçoit
C'est comme des parfums qu'on respire… »,
Il faudra leur dire, 2012.
Chanter c’est boire à la Coupe Sainte, qui nous verse la poésie qui nous fait chanter tout ce qui vit, et nous donne foi dans l’an qui vient…
« Vuejo-nous lis esperanço
E li raive dóu jouvènt,
Dóu passat la remembranço
E la fe dins l'an que vèn.
Vuejo-nous la couneissènço
Dóu Verai emai dóu Bèu,
E lis àuti jouïssènço
Que se trufon dóu toumbèu.
Vuejo-nous la Pouësio
Pèr canta tout ço que viéu,
Car es elo l'ambrousìo
Que tremudo l'ome en Diéu.
(Verse-nous les espérances
et les rêves de la jeunesse,
Le souvenir du passé
Et la foi dans l'an qui vient.
Verse-nous la connaissance
Du Vrai comme du Beau,
Et les hautes jouissances
Qui se rient de la tombe.
Verse-nous la Poésie
Pour chanter tout ce qui vit,
Car c'est elle l'ambroisie
Qui transforme l'homme en Dieu )».
Coupo santo, 2012.
Chanter, c’est aussi dire merci à la vie, qui nous a tant donné…
« Je te rends grâce la vie
Toi qui m’as tant donné
As mis dans mes yeux
Tout le blanc et le bleu
As mis dans mon âme
Le désir et la flamme
Et dans le ciel si haut
Les étoiles et mes héros
Et sur la vaste terre
Cet homme que j’aime
Je te rends grâce la vie
Toi qui m’as tant donné
Du sourire d’un enfant
Au parfum des fleurs
D’un lever de jour
A la caresse d’un amour
La parole d’un ami
L’étreinte d’une mère
Et le regard vert
De celui que j’aime
Je te rends grâce la vie
Toi qui m’as tant donné
As mis dans mon cœur
Tout le souffle et le feu
As mis dans mes pas
Tout l’amour tant de bras
Sur mes chemins de la paix
Des rires et des refrains
Et la voix de miel
De celui que j’aime
Je te rends grâce la vie
Toi qui m’as tant donné
As mis dans ma voix
Tant de chant et de joie
As mis dans mes jours
L’or et le velours
De théâtres où
Je vous donnais mes nuits
Même si je rentrais seule
Sans celui que j’aime
Je te rends grâce la vie
Toi qui m’as tant donné
C’est une prière
Tendre magique et légère
Mieux qu’un Dieu une messe
Pour que tombent les murs
Et triomphent les purs
Que dans ma main se glisse
Celle de l’homme que j’aime
Je te rends grâce la vie
Toi qui m’as tant donné
Gracias a la vida que me ha dado tanto »,
Toi qui m’as tant donné, 2012.
Quand on aime c’est dans la vie de celle ou celui que l’on aime que l’on vient se nicher dans l’espoir qu’il ou elle vienne illuminer la nôtre…
« Je ne veux que toi
Et pas autre chose
Pour semer l’espoir
Dans mon cœur meurtri
Pour que dans tes bras
Mes rêves se posent
Se métamorphosent
Au creux de ta vie…
Je ne demande pas la lune
Je veux ensoleiller ma vie
Mais ça ni gloire ni fortune
Ne peuvent en payer le prix…
De concession en sacrifice
Je suis prête à n’importe quoi
Pour qu’enfin mon âme guérisse
Du mal de vivre loin de toi… »,
Je ne veux que toi, 2014.
Peu importe la langue :
«All I want is you
There’s nothing else for me
With you there is hope
And my heart is warmed
All my prayers come true
In your way of seeing
Through your life and being
My life is transformed…
Life can’t be bought with gold and glory
Though I’m prepared to pay the price
(Tout ce que je veux c'est toi
Il n'y a rien d'autre pour moi
Avec toi il y a de l'espoir
Et mon cœur est réchauffé
Toutes mes prières se réalisent
Dans ta façon de voir
Par ta vie et ton être
Ma vie est transformée ...
La vie ne peut être achetée avec de l'or et de la gloire
Mais je suis prête à payer le prix)»,
All I want is you, 2014.
Et en cela le sexe de l’autre peut être le même :
« Vous dites qu’ils s’aiment à tort
Moi je vous dis qu’ils vivent d’amour
Vous leur en voulez à mort
Je vous dis qu’ils s’aiment, et alors ? »
Ils s’aiment, et alors ? 2014.
Que sait-on de la vie d’une chanteuse, qui joue sa vie dans ses chansons…
« Je ne sais rien des larmes
Je ne sais rien des cris
Je ne sais que la gamme
Des chansons où je joue ma vie
Je n’ai qu’une seule arme
Les mots que je te dis…
Je suis mauvaise élève
Aux leçons de la vie
Je ne crois que les rêves
Que j’invente au fond de mes nuits
Le jour me les enlève
Et me laisse incomprise…»,
Il se peut que je t’aime encore, 2014,
que sait-on d’elle sinon ce que l’on en imagine, à la manière des journalistes qu’elle a dénoncés... Mais ne sommes-nous pas tous tant que nous sommes un peu journalistes quand nous tentons de deviner qui est la femme, cachée derrière l’artiste ?
« Ils disent connaître ma vie mes pensées mon enfance
Ils connaissent mes secrets comprennent mes silences
Parlent de mes souvenirs de retour après l’absence
Ils partent dans des délires c’est plutôt drôle quand j’y pense
Et dans le fond de mon cœur
Je ne garde que le meilleur
Laisse-les dire
Laisse-les dire
Et laissez-nous chanter »,
Qu’est-ce qu’ils disent ? 2014.
Que sait-on d’elle sinon ce qu’elle a bien voulu nous en dire… au fil de ses chansons.
« Et si ce soir devant vous
Je suis là
Cela ne tient qu’à vous
Qui avez fait de moi
Diva
Votre diva
Avec mon habit noir entre fille et garçon
Un peu rock et guitare au milieu des violons
Pour vous livrer ma vie au fil de mes chansons… »,
Diva, 2014.
Contentons-nous de l’écouter. Ecoutons-la, quand elle se livre, mine de rien, au détour d’un refrain, quand l’heure des bilans risque de se révéler toute proche…
« Un coucher de soleil sur un chemin de vie
C’est comme une étincelle dans mes états unis »,
Route 66, 2014,
qui sait ?
Le spectacle Intimiste du 18 octobre 2015 et la Tournée des Eglises et des cathédrales qui a suivi ont été l’occasion de continuer de chanter la vie, à travers des reprises, avec un pot pourri des chansons de Mistinguett que l’on ne trouve, ainsi que la suivante, que sur le double DVD De l’Olympia au Trianon :
« Etant née dans le faubourg Saint Denis
Je suis comme la miss une vraie gosse de Paris
Ses refrains tendres et moqueurs
C’est toute ma vie
Je les connais par cœur
Dans la pluie et le vent
J’ai chanté souvent
Moi j’en ai marre
Quand j’avais pas le rond
Et que les bons gueuletons
Se faisaient rares
Mais dans ma détresse
Sans cesse je pensais
Qu’une vie nouvelle
Plus belle
S’amenait…
(Gosse de Paris (Je suis née dans le faubourg Saint-Denis))
Hé, monsieur l'sergent d'ville
Regardez la vie d'ces imbéciles
On m'suit
Ils promettent des châteaux
Des perles et des autos
Et puis ils vous font la peau
Je suis une blondinette
Je suis très coquette
Et dans tout Paris on m'suit… »
(On m’suit (Je suis une blondinette)), 2015.
Avec une reprise de Charles Aznavour :
« Si je n'avais plus
Si je n'avais plus
Plus qu'une heure à vivre
Une heure et pas plus
Je voudrais la vivre
Au creux de ton lit
Car j'aurais chéri
Ma peur à combattre
Penché sur ta vie
Pour l'entendre battre
Je pourrais garder
Au fond de mon cœur
Sous la terre froide
Un peu de chaleur
Que j'emporterais
Si je n'avais plus
Si je n'avais plus
Plus qu'une heure à vivre
Une heure et pas plus
Je voudrais la vivre
A l'aube d'un jour
Sur un lit d'amour
Pour n'avoir à dire
Que des mots d'amour
Pour te voir sourire
Et ne plus penser
Et ne plus penser
Qu'une autre après moi
Te verras sourire
Qu'une autre après moi
Pourra t'enlacer
Et dans un baiser
Et dans un baiser
Le corps apaisé
Le cœur allégé
D'un million de doutes
Mon dernier sommeil
M'ouvrira la route
Qui mène au soleil ».
Si je n’avais plus, 2015.
Une reprise d’Edith Piaf :
« Le Noël de la rue
C'est au ciel de leur vie
Une étoile endormie
Qui n'est pas descendue... »,
Le Noël de la rue, 2016.
Et, pour finir en bouclant la boucle, une reprise de Léonard Cohen, que l’on retrouve, avec la précédente, sur le CD Tout l’amour du monde.
« On vient sur Terre pour aimer
Pour vivre ensemble et partager
Et faire de chaque jour un feu de joie
La vie est une symphonie
Chacun de nous en fait partie
Ensemble il faut chanter
O Alléluia
Alléluia
Alléluia
Alléluia
Alléluia
Alléluia
Alléluia
Alléluia
Alléluia
Alléluia
Alléluia »,
Halleluja, 2016.
Ainsi s’achève cette longue, longue, longue chronique, Michèle Torr chante la vie, qui nous aura permis au cours des derniers mois, en même temps qu’on y a découvert, au moins par bribes, comment, au fil du temps, elle a pu concevoir l’existence, de suivre à nouveau, d’une autre façon, la longue, longue, longue carrière de 54 ans de la chanteuse, dont on ne peut que souhaiter qu’elle dure, dure, dure encore longtemps…